Quatre bonnes nouvelles sur la joie Néhémie 8: 10 « (...) Ne soyez pas tristes, car c'est la joie de l'Eternel qui fait votre force.» 1.- Que veut dire la phrase « c’est la joie de l’Eternel qui fait votre force ? » Le peuple pleure. Il se sent coupable d’avoir oublié, de n’avoir pas respecté les commandements de Dieu. Plus le peuple tourne son regard vers lui-même et vers ses transgressions, plus il s’enfonce dans la tristesse et la culpabilité. C’est pourquoi, le peuple doit tourner son regard vers l’extérieur. Cet extérieur, c’est la Joie de Dieu, c’est Dieu lui-même. Et c’est cette Joie qui donnera au peuple la force d’aller de l’avant, d’avancer dans la vie. Il est dit que la joie de Dieu est notre force, car l’univers tout entier et les humains avec lui sont des créatures de Dieu. Dieu les a créés dans l’éclatement de sa joie. Autrement dit, chaque créature, chaque être humain, toi, moi, nous sommes tous issus de la joie de Dieu. Voilà pourquoi, dans les moments de tristesse, de doute, de découragement, de souffrance, lorsque nous sommes à bout de force, nous sommes invités à tourner notre regard vers Dieu. C’est Dieu qui donnera la force pour résister, pour s’en sortir et pour avancer dans la vie. Première bonne nouvelle : Dans les moments difficiles de notre vie, lorsque nous n’avons plus la force de nous relever, sachons tourner notre regard vers la Joie de Dieu, car sa joie est notre force. 2.-Quelle est cette force ? La force dont parle le texte biblique est à la fois spirituelle et physique. C’est la force vitale. Grâce à la technique, notre force est décuplée. L’invention du couteau, par exemple, nous a permis d’avoir la force pour couper les choses que nous ne pouvons pas faire avec nos propres mains. Mais on sait que l’homme a utilisé sa force, les moyens techniques, comme le couteau, aussi pour briser les relations, détruire des vies, défigurer la nature, dominer les autres. Alors, puisqu’il nous est donné de croire que « la Joie de Dieu est notre force », nous sommes appelés à mettre notre force au service de Dieu. Concrètement, cela veut dire que la force vitale que nous recevons en cadeau de Dieu ne doit pas être là pour notre propre satisfaction, notre réussite personnelle, notre porte-monnaie, notre égo. Elle nous est donnée afin que nous puissions nous sortir de nous-mêmes, aller à la rencontre de l’autre. Deuxième bonne nouvelle: La Joie de Dieu est la source et le sens de notre force. 3.- Suffit-il de proclamer « c’est la joie de l’Eternel qui fait votre force » pour pouvoir vivre dans la joie ? Autrement dit, comment cette force qui vient de la Joie de Dieu peut-elle être la joie dans notre cœur ? Dans le texte de Néhémie, l’affirmation « Ne soyez pas tristes, car c’est la joie de l’Eternel qui fait votre force » est accompagnée de cette invitation : « allez manger un bon repas et boire des liqueurs douces, en envoyant des parts à ceux qui n’ont rien préparé ». L’ensemble du peuple est allé manger, boire et envoyer des parts à d’autres et s’adonner à de grandes réjouissances. Les Israélites ont festoyé pendant 7 jours. La force donnée pour surmonter la tristesse devient joie au travers d’une fête. Le mot fête est important. La fête ne se décrète pas. Elle ne se crée pas toute seule. On a toujours besoin d’un autre pour faire la fête. Dans la fête, il y a le partage. C’est ainsi que les Israélites ont donné des parts à ceux qui n’ont rien préparé. Il n’est pas nécessaire d’aller chercher très loin. Le 25 janvier 2009, nous nous sommes réunis ici pour célébrer la nouvelle année vietnamienne. Cela fait des années qu’il ne nous a pas été donné l’occasion d’accueillir autant de monde, presque 80-90 personnes. Et bien c’était une fête. La joie était présente. On n’a pas vu le temps passer. La joie est ainsi dans la relation entre toi et moi. Entre Dieu et nous. Entre nous tous. Troisième bonne nouvelle : La force que nous puisons en la Joie de Dieu devient joie si elle est vécue et partagée dans la relation avec l’autre, avec le Tout Autre. 4.- Pourquoi cette joie ne dure-t-elle pas ? Dans le texte de Néhémie, les Juifs se sont réjouis. Est-ce à dire que, par la suite, tout allait mieux, dans le meilleur des mondes, et que les Israélites avaient une existence toujours remplie de la Joie de Dieu ? Eh bien non. Le dernier chapitre du livre de Néhémie parle de la dégradation de la situation. Néhémie, qui est retourné auprès de son roi de Perse, a dû revenir. Il y a eu de nombreux problèmes provoqués par l’exclusion de tout métissage d’Israël et l’interdiction des mariages mixtes. Néhémie a même fait preuve de violence en frappant des hommes et en arrachant leurs cheveux, car ils n’ont pas respecté ces interdictions. Se pose alors ces questions : pourquoi la tristesse, la violence ont-elles repris le dessus ? Comment se fait-il que la joie vécue par les Israélites n’était-elle pas durable, parfaite ? De la joie parfaite, Jésus en parle notamment à deux endroits dans l’Evangile selon Jean : 15 : 10-11 et 17 : 13. Dans toute la Bible, on ne trouve qu’une seule mention d’un être humain ayant fait l’expérience de la joie parfaite. C’est Jean-Baptiste, le prophète. On lit dans l’Evangile selon Jean 3 :29 : « Telle est ma joie, parfaite ». Reprenons les paroles de Jésus et essayons d’y voir plus clair. Il y est question de la joie de Jésus qui demeure en les disciples. Il y est question de leur joie complète, parfaite. A y regarder de plus près, la joie des disciples n’est parfaite, complète que dans la mesure où la joie de Jésus demeure en eux. Qu’est-ce que cela veut dire ? La joie des disciples est conçue comme un cadeau. C’est la joie de Jésus, communiquée aux disciples, qui permet à ceux-ci d’accéder à la joie parfaite. Et cette joie, c’est l’amour partagé avec le Père. Ainsi, la joie parfaite ne résulte pas d’un comportement fidèle à une valeur éthique qui serait l’amour. Elle n’est pas la récompense d’une vie respectueuse des préceptes moraux. La joie parfaite dont parle l’Evangéliste est un cadeau de Jésus que chaque disciple peut vivre dans le cadre d’une relation intime, vivante avec lui. Puis-je vivre cette joie parfaite ? Oui. Jean-Baptiste a fait l’expérience d’une telle joie dans sa rencontre avec Jésus. L’expérience de Jean-Baptiste nous permet d’aller plus loin que celle des Juifs du temps de Néhémie. En Jésus, la Joie de Dieu – c’est-à-dire Dieu lui-même, s’est fait chair. Avec Jésus, il nous est donné la possibilité de vivre une joie parfaite. 4ème bonne nouvelle : Nous pouvons, avec Jésus, vivre l’expérience de la joie parfaite. Amen msn 8 février 2009
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